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sud santé ch Evreux-Vernon

Évreux : les personnels de l’hôpital en grève

18 Novembre 2016, 09:59am

Publié par syndicat force-ouvrière des hopitaux Evreux-Vernon

Le Centre hospitalier Eure-Seine a enregistré un taux de grévistes de 25 % pour l’ensemble de ses sites d’Évreux et de Vernon
 

«Infirmière en grève et en colère. » Ces quelques mots s’affichent dans le dos des personnels de santé du Centre hospitalier Eure-Seine (CHES) d’Évreux. Les fédérations FO,CGT, Sud et CFTC de la fonction publique hospitalière appelaient à une grève nationale, hier mardi.

Dans la capitale euroise, cet appel a été entendu et largement suivi. Le taux de grévistes pour l’ensemble des sites du centre hospitalier (Évreux et Vernon) était de 25 %. « Nous avons proposé un débrayage entre 10 h et 12 h. Cela permet aux personnels de se relayer et de faire en sorte que les services fonctionnent toujours », précise Catherine Margerie, secrétaire de la CGT.

Les revendications portées par les soignants d’Évreux ne sont pas différentes de celles de leurs collègues de toute la France : effectifs en berne, dégradation des conditions de travail, manque de reconnaissance... Autant de points d’achoppement pour celles et ceux qui ne se retrouvent plus dans un système en pleine mutation.

« Pas des machines »

« Nous n’avons plus des patients mais des clients », s’insurge Virginie, 32 ans, infirmière aux urgences du CHES. Pour la première fois en dix ans, elle a décidé de répondre à l’appel des syndicats. Elle est « usée. Nous bossons avec de moins en moins de matériel. Il faut toujours bidouiller parce qu’il manque quelque chose. Nous voyons de plus en plus de monde avec les mêmes effectifs. Mais ce ne sont pas des machines en face de nous, ce sont des humains ! », rappelle-t-elle.

La trentenaire est tellement lasse qu’elle a décidé de changer de métier. Dans six mois, elle rendra définitivement sa blouse blanche pour devenir nourrice. Une décision assez symptomatique du malaise qui règne chez les personnels hospitaliers. « Les agents sont en grande souffrance. Une expertise est d’ailleurs en cours par rapport aux risques psychosociaux, affirme Claire Bourillot, secrétaire du syndicat FO au centre hospitalier. Pour l’ensemble des sites du CHES, nous avons un taux d’absentéisme qui avoisine les 10 %. Cela signifie qu’une personne sur 10 est absente tous les jours. Sur le terrain, c’est énorme. »

Les syndicats pointent également du doigt les Groupements hospitaliers de territoire (GHT) qui visent, comme le nom l’indique, à regrouper des établissements de santé. « Dans les plus petits, il va y avoir des suppressions de services avec une offre de soins moins importante et moins de personnels. Les patients devront faire plusieurs dizaines de kilomètres pour être pris en charge », s’agace Claire Bourillot.

« Démographie médicale »

Laurent Charbois, directeur du CHES, entend les réclamations de ses personnels. Il reste néanmoins convaincu que « le système tel qu’il est ne peut plus continuer. Nous devons faire face à un problème de démographie médicale. On ne peut pas faire fonctionner une structure sans médecins. Soit on s’obstine à faire appel à des intérimaires, soit on revoit nos organisations », indique-t-il.

Une pétition à l’initiative de la CGT réunit déjà 400 signatures à Évreux et Vernon. Elle circulera dans les services jusqu’à la fin du mois et sera ensuite adressée à l’Agence régionale de santé. Quant à la suite à donner à ce mouvement, les organisations syndicales locales attendent les consignes nationales.

C. R.

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