Qu’en pensez-vous ?
Lorsque cette question est posée à de nombreuses reprises aux participants d’une réunion de travail, le débat devient serein, constructif, apaisé. Il n’y a pas celui qui sait tout et qui dispense son savoir sous forme de directives incontournables, mais un groupe hétéroclite qui, réuni pour les mêmes objectifs, construit avec chacun le chemin pour y parvenir.
Deux expériences méritent d’être rapportées ici pour donner un exemple à méditer aux directeurs, aux chefs de services et à tous les managers du secteur hospitalier qui pourraient penser que le débat avec les syndicats est impossible.
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Cela se passe à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie au sein d’un Comité Technique National des maladies professionnelles et accidents de travail. D’un coté le MEDEF, de l’autre les syndicats et au milieu des techniciens qui présentent les dossiers.
L’instance est présidée à tour de rôle par un patron et par un salarié.
Nous sommes tous autour de la table (8 représentants syndicaux et 8 représentants du patronat) pour tenter de trouver ensemble des solutions pour prévenir les risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Le président de séance pose souvent la question : Qu’en pensez-vous ?
Il y a des avis qui divergent parfois mais toujours fondés sur une démonstration factuelle qui fait valoir le point de vue de chacun. Il n’y a pas de passage en force. C’est un système paritaire sans voix prépondérante. On avance ensemble ou on n’avance pas.
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La Haute Autorité de Santé (HAS) a établi un constat qu’il ne pouvait y avoir de qualité des soins sans qualité des conditions de travail. Partant de là, depuis 4 ans, elle réunit un groupe de travail où se rencontrent les représentants des directeurs, des médecins, des experts visiteurs et des syndicalistes du secteur de la santé, public, privé et associatif.
Comment introduire dans la certification des établissements de santé des éléments se rapportant à la qualité de vie au travail des personnels de santé ? Pour mener à bien ces travaux la HAS se fait accompagner par l’Agence Nationale d’Amélioration des Conditions de travail (l’ANACT)
A chaque séance, à chaque étape, la question est souvent posée : qu’en pensez-vous ?
Les avis s’expriment à tour de rôle. Si des propositions font l’objet de remarques, elles sont reformulées, repensées voire abandonnées. Aucun passage en force car il s’agit de construire ensemble un dispositif. Le point de vue de chacun est pris en compte. C’est de la co-construction.
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Combien de fois, dans un hôpital, la question « qu’en pensez-vous ? » est-elle posée par le président d’un Comité Technique d’Etablissement (CTE) ou d’un Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail ?
La qualité du dialogue social ne peut reposer que sur la confiance et l’attention qui doit être portée à son interlocuteur. D’ailleurs si le législateur a choisi le terme de Président du CHSCT ou du CTE c’est pour qu’il préside les débats et non pour qu’il impose son rang hiérarchique.
L’art de la négociation ou, la qualité du dialogue social, consiste tout d’abord à partager des informations communes pour nourrir un débat équilibré et constructif.
La rétention de l’information que pratique de trop nombreux directeurs d’hôpitaux, de cadres ne peut que priver le débat de sa richesse.
On ne peut pas reprocher à des salariés de ne pas comprendre lorsqu’ils n’ont qu’une partie des informations. Et, lorsque totalement informés, ils expriment une opposition c’est qu’il y a des raisons qu’il convient de prendre en compte. Il n’existe pas de salariés et de représentants de salariés qui militent contre la qualité.
La qualité de l’outil de travail, la qualité des soins, la qualité des conditions de travail vont de pair avec la qualité du dialogue social. Qu’en pensez-vous ?
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