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L’unité de soins palliatifs n’ouvrira pas cette année à l’hôpital d’Évreux

2 Juin 2015, 20:10pm

Publié par syndicat force-ouvrière des hopitaux Evreux-Vernon

L’unité de soins palliatifs n’ouvrira pas cette année à l’hôpital d’Évreux
L’unité de soins palliatifs n’ouvrira pas cette année à l’hôpital d’Évreux

Santé. L’unité de 10 lits qui devait ouvrir ses portes à l’hôpital de Cambolle ne verra finalement pas le jour cette année. Cette décision est une première réponse au plan d’économies dévoilé par la ministre.

 

Avant de rejoindre l’Agence régionale de santé (ARS) de Haute-Normandie, Olivier Brand, alors directeur du Centre hospitalier Eure-Seine, seFÉLICITAIT d’avoir, en trois ans, réduit de deux tiers le déficit de l’établissement de santé pour atteindre, fin 2014, environ 4,90 M€ (contre 13,50 M€ fin 2011).

Mais les efforts ne doivent pas s’arrêter là. C’est en substance le message que vient de passer l’ARS. Elle a récemment demandé à Laurent Charbois, leNOUVEAU directeur (notre photo), de trouver de nouvelles pistes pour limiter les dépenses.

OUVERTURE REPORTÉE À L’ANNÉE PROCHAINE

Celui qui tient la barre du navire de santé eurois depuis près de cinq mois a dû trancher. Et sacrifier l’unité de soins palliatifs de 10 lits présentée comme l’un des axes de développement des activités du CHES.

Cette unité aurait dû être inaugurée dans leCOURANT du premier semestre de cette année. Laurent Charbois justifie ce « report » par le fait que « l’on ne peut pas ouvrir une nouvelle activité avec les recrutements que cela induit et, dans le même temps, amener les équipes en place à réfléchir à leur réorganisation avec desRÉDUCTIONS d’effectifs en perspective ».

Une quinzaine d’équivalents temps plein et deux médecinsDEVAIENT être recrutés en interne et en externe. Aucun contrat n’avait encore été acté. « Mais il a fallu expliquer à nos personnels que ce projet ne verrait pas immédiatement le jour » et gérer la déception que cette nouvelle a induit.

Des frais avaient aussi été engagés, non pas pour créer l’unité, puisque les locaux existaient déjà, mais pour l’aménager. « Tout ce qui avait été commandé - les lits, mobiliers - a été rapatrié dans les autres services, précise le directeur. Ce n’est pas de l’argent perdu. »

Pour Laurent Charbois, cette décision est avant tout « une mauvaise nouvelle pour les patients. Le besoin est affirmé. Cette unité a vocation à être un élément du parcours des patients qui sont actuellement accompagnés soit dans des Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), à domicile ou dans les services de médecine, décrit Laurent Charbois. Parfois, les équipes ont du mal à maîtriser des situations qui peuvent être complexes et critiques. Cette unité apporterait une expertise et offrirait du répit aux soignants et aux familles. Elle ne vide pas les services de médecine. Elle vient compléter uneOFFRE. »

Le directeur est loin de vouloir abandonner ce projet conçu en partenariat avec l’Agence régionale de santé, la Musse, les maisons deRETRAITE et les établissements de santé du département. Il « espère» trouver « les ressources et les idées » afin de l’ouvrir l’année prochaine.

C. R.

PROJET
Il faut faire des économies. Mais où ? À cette question, Laurent Charbois se fait plus que discret. Son plan d’économie sera présenté aux instances du Centre hospitalier Eure-Seine la dernière semaine de juin. D’ici là, rien ne filtrera. 
Le directeurDEVAIT rencontrer l’Agence régionale de santé jeudi dernier pour finaliser ce plan. «Cette feuille de route, qui doit être présentée aux instances de l’État, ne peut pas se faire sur un coin de table. » 
Ce travail intervient à la suite de l’annonce par les pouvoirs publics d’un vaste plan d’économie, dont 10 Md€ attendus au titre de la santé. Ce plan doit se décliner sur trois ans jusqu’en 2017 avec, pour axes de travail : une réflexion sur la masse salariale, le développement de l’activité ambulatoire, l’optimisation des achats et une plus grande mutualisation entre les établissements de santé du territoire. 
« Nous sommes très inquiets »

LesORGANISATIONS SYNDICALES regrettent ce sacrifice.

Claire Bourillot (FO) estime que cette unité de soins palliatifs « a été victime des 22 000 postes à supprimer en France [plan de Marisol Touraine, Ndlr] ». La représente du personnel regrette cette décision qui a été prise rapidement : « en 24 ou 48 heures, c’était décidé ! »

Claire Bourillot déplore surtout les conséquences de cette non-ouverture pourtant annoncée et attendue : « 23,5 équivalents temps plein devaient arriver par voie de mutation ou recrutement extérieur. Les travaux avaient été réalisés dans le service. Aujourd’hui, les soins palliatifs sont assurés par une équipe mobile qui se déplace de service en service. Les critères de recrutement pour leNOUVEAU service étaient très précis. Une formation spécifique était prévue. Il y avait une volonté louable. C’était un beau service rendu aux patients mais le projet est tombé d’un seul coup. Le directeur a eu peur de creuser le trou. »

Claire Bourillot en vient même à se demander si, « malgré ces mesures », le directeur réussira à boucler son plan de retour à l’équilibre. « Nous sommes très inquiets. On en est à gratter les fonds de tiroir. On ne regarde pas le service rendu aux patients. Seule la logique comptable est appliquée. »

« On ne voit pas le bout du tunnel »

« Nous avons très peur que tous les projets pour plus de services aux patients soient arrêtés. Même les travaux à l’Ehpad de Saint-Michel sont menacés. Nous ne savons pas si nous aurons le budget. Tout cela est catastrophique. Les contrats en CDD ne sont pas renouvelés même si les personnes sont compétentes. On voit que la situation se resserre. Il y a deux ans, tous les services avaient déjà fait beaucoup d’efforts. Mais on nous a dit qu’il fallait en faire encore plus. D’après le directeur, il y aurait d’autres pistes d’économies. On ne voit pas le bout du tunnel. »

La syndicaliste craint que les effectifs ne soient encore revus à la baisse. « La masse salariale ne doit pas augmenter de plus de 1,5 % par an mais avec les effectifs actuels, on est déjà à + 4 % », dépeint Claire Bourillot.

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